Marc Chagall, devant le miroir, autoportraits, couples et apparitions, 15 juin-7 octobre 2013

Dans le cadre du 40ème anniversaire du musée national Marc Chagall (1973-2013), programme complet
texte 40ème
Cette exposition est organisée par le musée national Marc Chagall et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais
À l’occasion du quarantième anniversaire du musée national Marc Chagall, une exposition entièrement dédiée à l’artiste, autour du thème de l’autoportrait est co-organisée avec la Réunion des musées nationaux-Grand Palais.
Ce sujet a été le plus traité par Chagall au cours de sa très longue carrière. Il reflète, à la manière traditionnelle, ses préoccupations stylistiques et ses interrogations sur son identité comme sur son rôle d’artiste, auxquelles Chagall apporte cependant des réponses nouvelles. D'abord simple affirmation de soi comme peintre, il devient vite, dès 1915-17, le moyen de se présenter comme le passeur d'un message qui le dépasse (L'Apparition, plus tard L'Ange-peintre).
Le peintre fait même une version écrite de son autoportrait avec sa biographie poétique, Ma Vie, rédigée dès 1922, alors qu’il est âgé seulement de trente-cinq ans, et publiée plus tard, en 1931.
De 1907 à 1985, cette abondante production, relève de tous les genres : le plus souvent, autoportraits au chevalet, à la palette ou dans l’atelier, donc en artiste, plus rarement autoportraits méditatifs d’homme se regardant et une étonnante série d'autoportraits en Christ dans les années 40 et 50. Mais aussi de nombreux doubles portraits, où Chagall se représente avec sa femme, inspiratrice étroitement enlacée au créateur, et enfin des autoportraits déguisés, où l’artiste se montre sous une autre forme, souvent celle d’un animal. Enfin, il apparaît également dans ses autres peintures, comme témoignant du travail accompli par lui.
Ces représentations très diversifiées de lui même permettent à l’artiste d’embrasser le monde, avec tous ses règnes – le hassidisme, la forme de judaïsme de son enfance, n’est pas étranger à cette vision de la Création - et d’en être le porte parole.
Le traitement lui-même de ces autoportraits évolue avec le temps : tour à tour réaliste, descriptif, ou mis en scène à la manière des peintres anciens (on y note l’influence de l’Espagne ou des autoportraits de Rembrandt), l’autoportrait devient avec le temps une représentation de plus en plus stylisée, le visage de l’artiste offrant des traits peu individualisés mais reconnaissables malgré tout à ses cheveux frisés bruns, donc une image de lui en peintre que l'artiste assoit devant un tableau dont on voit la plupart du temps le sujet, mettant ainsi l'accent sur le sujet de la peinture autant que sur le sujet-peintre.
L’exposition permet donc d’aborder tous les aspects d’une production significative d’abord par la quantité, de comprendre comment elle est pour Chagall, le moyen d’affirmer sa différence en tant qu'artiste religieux, et amène à s’interroger sur l’autoportrait comme voie d’accès privilégiée vers la vérité de l’artiste et la signification de son œuvre.
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commissaires : Maurice Fréchuret, conservateur en chef du Patrimoine, directeur des musées nationaux du XXème siècle des Alpes-Maritimes et Elisabeth Pacoud-Rème, historienne de l’art, chargée des collections au musée national Marc Chagall.