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Esthétique et histoire de l'art
19h

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Programme des conférences d’esthétique et d’histoire de l’art
19H
2013-2014
Les conférences sont organisées en relation avec le laboratoire de philosophie et la direction de la culture de l'université de Nice Sophia Antipolis, l'association des amis du musée national Marc Chagall et le musée.

Baldine Saint Girons
Mardi 8 octobre
De la photographie comme art des trophées
A propos des Champs de bataille d’Andoche Praudel Que fait Andoche Praudel lorsqu’il nous propose de voir les grandes batailles de l’histoire à partir de photographies de leurs sites actuels ? Voilà qui pose la question de notre rapport à un passé non tant jadis présent (dont la photographie serait le certificat d’existence), que seulement possible. En ce sens, la photographie apparaît comme l’art de fabriquer des trophées, c’est-à d’exhiber des objets paradoxaux qui, arborés par les vainqueurs, parlent en faveur des vaincus et leur assurent une revanche.
Baldine Saint Girons est Professeur des universités (Paris Ouest Nanterre La Défense) et membre de l’Institut universitaire de France. Commissaire d’expositions et auteur de nombreux ouvrages,  traduits en plusieurs langues, elle s’attache à dégager ce qui constitue le sublime des différents arts, en étudiant les risques qu’ils choisissent d’assumer et les  rapports  originaux à autrui et au monde qu’ils mettent ainsi  en œuvre. Elle a récemment publié Le sublime de l’antiquité à nos jours (Desjonquères, 2005), Les monstres du sublime – Victor Hugo, le génie et la montagne (Paris-Méditerranée, 2005), Les marges de la nuit – Pour une autre histoire de la peinture (L’Amateur, 2006), L'acte esthétique (Klincksieck, 2008), Le pouvoir esthétique (Manucius, 2009), La Pietà de Viterbe (Passage d’encre, 2010), Gérard Traquandi – Contact, trace, tracé (éditions P., 2012).


Tomàs Llorens
Mardi 19 novembre
Venise, New York: Deux conceptions de l’art moderne avant la Grande Guerre
Dans la conception canonique de l’histoire de l’art moderne les années precedant la Grande Guerre se presentent comme le temps des avantgardes fondatrices: après l’Impressionisme et le Post-Impressionisme, le Fauvisme, l’Expresionisme, et le Cubisme nous porteraient au seuil de l’Art Abstrait. Mais un examen de quelques grands evénements artistiques de l’époque – les Biennales de Venise de 1910, 1912 et 1914 et l’International Exhibition of Modern Art (connue comme Armory Show) tenue à New York en 1913- nous permettent de découvrir un panorama beaucoup plus riche et complexe.
Né en Espagne en 1936, Tomàs Llorens a eté professeur d’Esthétique et d’Histoire de l’Architecture à l’Université Polytechnique de Valence (Espagne) (1969-1972) et ensuite à l’Université Polytechnique de Portsmouth (Royaume Uni) (1972-1984). À partir de cette date sa vie professionnelle s’est deroulé dans des musées espagnols. Il a eté le premier directeur de l’ Instituto Valenciano de Arte Moderno (1985-88) ainsi que du Museo Nacional y Centro de Arte Reina Sofía (1988-1990), et finalement le premier conservateur en chef du Museo Thyssen-Bornemisza (1991-2005).
Il a publié quelques livres et plusieurs articles d’histoire de l’art et de l’architecture et agi comme commissaire de plusieures expositions. Sa dernière exposition (en partenariat avec Didier Ottinger) a eté la retrospective de Hopper montré à Madrid et Paris en 2012-2013 et sa dernière publication (septembre 2013) est le volume III du Catalogue Raisonné de Dessins, Peintures et Sculptures de Julio González.

Françoise Coblence
Mardi 10 décembre
Freud, le visible et l’esthétique
Méfiant à l’égard des images et de la pensée en images toujours imparfaite à ses yeux, Freud n’en donne pas moins au visible et à sa présentation une place importante. En partant de celle-ci, et à l’écart d’une psychanalyse appliquée à l’art, on peut montrer les liens étroits entre la psychanalyse et l’esthétique. On s’attachera à montrer quelques uns de ces liens et l’éclairage de ces deux disciplines l’une par l’autre.
Françoise Coblence, professeur émérite d’esthétique (Université de Picardie Jules Verne), psychanalyste membre de la SPP (société psychanalytique de Paris) est actuellement directrice de la Revue française de psychanalyse et membre du comité de rédaction de la Nouvelle revue d’esthétique.
Auteur, notamment, de : Le dandysme, obligation d’incertitude, Puf, 1988, Les attraits du visible (Puf, 2005)

Maddalena Mazzocut-Mis
Mardi 11 février
Intensification et contrôle du regard : le spectateur entre intérêt et désintérêt esthétique
L’analyse de l’homme de goût et du jugement de goût à partir du dix-huitième siècle soulève des problématiques parfaitement actuelles. La nature, la structure et la configuration du goût s’expliquent par rapport au sujet qui exprime le jugement : le goût semble être un ensemble de préférences individuelles qui cependant se coalisent et coagulent au sein d’une communauté qui les reconnaît. Sa prétention à l’universalité est en contradiction avec un système de choix subjectifs. Telles problématiques se rencontrent au thème du désintérêt esthétique, qui, toutefois est loin d’être univoque. Il ne comporte pas un manque de participation ; il s’agit plutôt d’une participation "éduquée". Eduquée au contrôle et à l’intensification du regard.
Maddalena Mazzocut-Mis est professeur d’Esthétique et d’Esthétique du spectacle à l’Université de Milan. Parmi ces ouvrages, citons : Mostro. L’anomalia e il deforme nella natura e nell’arte (Milano, 1992 et Milano, 2013), Gli enigmi della forma (Milano, 1995 et Milano, 2012), Voyeurismo Tattile. Un’estetica dei valori tattili e visivi (Genova, 2002), Animalità. Idee estetiche sull’anima degli animali (Firenze, 2003), Le niais sublime. Du pathétique au kitsch (Paris, 2010), Le sens de la limite. La douleur, l’excès, l’obscène (Paris, 2010 ; tr. angl. : Newcastle upon Tyne, 2012), Corpo e voce della passione. L’estetica attoriale di Jean-Baptiste Du Bos (Milano 2011).

Dominique Chateau
Mardi 11 mars
 Le colossos et la photographie : ontologie de l’image
 Considérant que c’est l’image qui produit son propre oubli en raison de ses propriétés spécifiques, j’ai recours à la sémiotique, en particulier la théorie peircienne qui, en parfait accord avec la problématique de l’ontologie de l’image, prend en compte à la fois l’effet d’iconicité et son socle, à la fois l’hallucination du représenté et les conditions de la représentation. J’applique notamment cette perspective à la photographie.
Dominique Chateau est professeur à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Il enseigne l’esthétique et les études cinématographiques. Il a publié notamment : Arts plastiques : archéologie d’une notion, Jacqueline Chambon, Coll. « Rayon art », 1999. Qu’est-ce que l’art ?, L’Harmattan, Coll. « L’ouverture philosophique », 2000. Cinéma et Philosophie, Nathan, Coll. « Université », 2003. Qu’est-ce qu’un artiste ?, Presses Universitaires de Rennes, 2008. L’Art comptant pour un, Les presses du réel, MAMCO, 2009. L’Expérience esthétique : intuition et expertise, Presses Universitaires de Rennes, 2010. Philosophies du cinéma, Armand Colin, 2010. Christian Jaccard, Énergies dissipées, Bernard Chauveau éditeur, 2011. Subjectivity (dir.), Amsterdam University Press, 2011. La Subjectivité au cinéma, Presses Universitaires de Rennes, 2011. Dialectique ou antinomie ? Comment penser, Paris, L’Harmattan, 2012.

Rémi Labrusse
Mardi 15 avril
L’idée préhistorique : mythe et déconstruction du mythe dans l’art du XXe siècle.
L’idée de préhistoire a été totalement transformée par les grandes découvertes archéologiques sur les arts du paléolithique supérieur, à partir des années 1860. Comment les artistes du XXe siècle se sont-ils approprié cette idée, pour en faire un ferment poétique de la modernité, de Picasso, Ernst ou Miró à Robert Smithson ou à Joseph Beuys, parmi bien d’autres ?
Rémi Labrusse enseigne à l’université de Paris Ouest – Nanterre et travaille, entre autres, sur la réception des arts non-occidentaux en Europe au XIXe et au XXe siècle. Il a publié des ouvrages sur Matisse, Miró ou Bonnard, ainsi que sur les théories de l’ornement et l’histoire des arts de l’Islam. Il travaille actuellement à un projet sur les usages de la préhistoire au XXe siècle.