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Sans titre, Verdun, dessin du front

Vers 1915
Crayon sur papier
21,2 x 16,3 cm
Donation Nadia Léger et Georges Bauquier,1969
Musée national Fernand Léger Inv. MNFL  96018


Au front, brancardier et trop souvent fossoyeur, Léger dessine, dès qu’il le peut, après les offensives, sur des cartes-lettres ou sur le dos de cartes d’état- major. Témoignages de la guerre, ses dessins accompagnent ses lettres à Jeanne, à ses amis et à sa famille. Ils sont une manière de compenser l'impossibilité de peindre. A chaque épreuve, une nouvelle production de dessins relate les cadavres en morceaux, les ruines des villes et les formes déchiquetées fondues dans la boue et les cendres. De manière surprenante, le morcellement cubiste renvoie au chaos du paysage des tranchées et des corps mis en pièces. Léger fait d'ailleurs le rapprochement dans une lettre à Jeanne datée du 28 mars 1915 « Il n'y a pas plus cubiste qu'une guerre comme celle-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et qui l'envoie aux quatre points cardinaux ... »

Dans ce chaos, la présence des hommes, héros anonymes et l’importance des objets sont une révélation pour l’homme et l’artiste. Épuisé, après plusieurs hospitalisations en 1917 puis réformé temporaire, Léger rejoint pour sa convalescence Jeanne à Vernon. A partir d'une sélection de ses dessins du front, il peint La Partie de cartes, où les soldats médaillés pareils à des robots rendent compte du chaos de la guerre. A Paris, pour Blaise Cendrars, qui a perdu son bras au front, il illustre J’ai Tué publié à la Belle édition en 1918.
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