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Musée national Fernand Léger, Biot
Les collections

Les années 1920-1930
 

 
Le Grand remorqueur, 1923
©ADAGP, Paris, 2002


Le grand remorqueur

Fernand Léger (1881-1955)
1923
Huile sur toile, 125x190,6 cm
Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969
Musée national Fernand Léger, Biot Inv 96007


Le thème réunit deux sujets chers à l'artiste : le bateau fabriqué par l'homme, performance technique pour une fonction spécifique, et la ville qui le fascine. Il est toujours surpris par les contrastes de couleurs des publicités, des lumières, de la variété des étalages et des vitrines.

Bâtiment mobile et métallique, un remorqueur aux tons purs et aux découpes tranchées passe devant un paysage mi-urbain, mi-campagnard. Il se déplace sur un fond composé d'architectures à angles vifs, d'arbres aux formes arrondies et de collines ondoyantes. Avant de visualiser la masse métallique de la coque et des pontons, le regard se perd d'un élément à un autre du tableau, trouvant mal la limite entre certaines courbes du bateau et le paysage traversé. La paroi colorée de l'embarcation est placée au milieu de la construction, de telle manière que l'œil se fixe sur la cheminée, au centre de la composition. L'ensemble est composé comme un collage de plusieurs études. C'est par le contraste des couleurs et des formes que le sujet apparaît. Léger parvient à établir un équilibre entre le paysage et l'embarcation, refusant ainsi toute perspective pour représenter, sur un même plan, une scène animée. Chaque détail décoratif, balustrades, damiers colorés du quai, passerelles sont des repères qui mettent en valeur le remorqueur. Il existe d’autres versions de remorqueurs dont Le Pont du Remorqueur 1920, huile sur toile 96,5 x 130 (MNAM, Paris), Le Pont du Remorqueur 1920, huile sur toile 103 x 132,5 (musée de Grenoble). De nombreuses études au crayon ou à la gouache éclairent sur la méthode de travail du peintre qui procède par juxtaposition d'éléments. A la même époque, il s'intéresse aux spectacles, et le Grand Remorqueur pourrait être un projet de toile de fond. Le parti pris des aplats évoque d'ailleurs, le décor peint pour le ballet Skating Rink de 1923.

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