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Le Grand remorqueur (détail) 1923 Huile sur toile ©ADAGP, Paris, 2002 |
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 Vers 1918, advient réellement la rencontre
entre l'uvre de Léger et le monde du spectacle. Spectateur
assidu du Cirque Médrano, il peint les acrobates, les clowns, les
jongleurs aux corps mécanisés, égaux comme valeur-spectacle
à l'objet et au décor. Il illustre le livre de Cendrars
La Fin du monde filmée par l'ange N-D conçu comme
une suite de plans cinématographiques et renoue avec le groupe
de la revue Montjoie fondée par Canudo. Il rencontre Jean Epstein,
et collabore au film d'Abel Gance La Roue puis crée des
décors pour le film de Marcel L'Herbier L'Inhumaine. En
1924, avec l'aide de Dudley Murphy, il tourne en 1924 son film Ballet
mécanique. Il met en scène l'objet, et monte le film
sur sa seule valeur plastique. L'utilisation du gros plan, et le recours
à de multiples effets de fragmentation sont ordonnés dans
une dynamique répétitive d'images. Parallèlement,
Léger est engagé par les Ballets Suédois et exprime
ses idées plastiques sur scène en créant les costumes
et les décors, de Skating Rink en 1922 et de La Création
du monde en 1923. Dans ses peintures, la figure humaine reste dépourvue
de sentimentalité comme dans Les femmes au bouquet 1921, et
pour rendre compte de l'intensité de la vie moderne, il intègre
dans ses paysages tous les éléments du monde qui l'entoure :
affiches publicitaires, éléments d'architecture urbaine,
signaux ferroviaires. Dans ses natures-mortes, l'objet industriel se place
au premier plan, il dessine et peint une série : Les Eléments
mécaniques 1924. Léger se rapproche des puristes et
participe à la revue l'Esprit Nouveau. L'objet est choisi pour
sa forme dans la conception des nouvelles compositions. Léger cherche
à libérer l'objet de tout support : C'est la période
des "objets dans l'espace".
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