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Esquisse pour la femme en bleu (détail) ©ADAGP, Paris, 2002 |
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 Dés 1909, Léger trouve dans l'héritage
cézanien et les expressions du cubisme les principes d'un renouveau
personnel. Sans renoncer au genre narratif, il se livre à la destruction
du sujet, et s'applique à la simplification géométrique
de la figure humaine et du paysage. En 1911 il expose au Salon des Indépendants
les Nus dans la forêt qui feront dire à Guillaume
Apollinaire "M. Fernand Léger a encore l'accent le plus inhumain
de cette salle. Son art est difficile."...La fragmentation des volumes
ordonne la profondeur du tableau, il utilise ici une palette atténuée
de marrons et de verts. Louis Vauxelles le qualifie alors de "Tubiste".
Picasso dira que ce terme même témoigne de la nouveauté
de l'art de Léger. Ses personnages sont robotisés et son
souci de la couleur le distingue de Braque et de Picasso, il se démarque
aussi des premiers futuristes, rencontrés au sein du groupe de
Puteaux. Le cubisme très personnel de Léger débouche
sur les tentations abstraites des "Contrastes de formes" et machinerie
impersonnelle de La Partie de cartes. 1917. L'ordre de mobilisation
surprit Léger en plein développement de sa carrière
artistique, le renvoya sur le front de bataille de la Marne. Au repos,
il dessine la réalité de la guerre, peint sur des caisses
de munitions et il écrit son désarroi à ses amis
et à ses proches. Hospitalisé en 1917 puis réformé
il se remet à peindre : Je fus ébloui par une culasse
de 75 ouverte en plein soleil, magie de la lumière sur le métal
blanc. Il n'en fallut pas moins pour me faire oublier l'art abstrait de
1912/13 [...] quand j'ai mordu dans cette réalité,
l'objet ne m'a plus quitté.
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