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La chapelle romane de Vallauris
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Intérieur de la chapelle © Succession Picasso 2002 |
Le choix de la chapelle de Vallauris pour installer
La Guerre et La Paix Les deux uvres de Picasso La Guerre et La Paix sont installées
dans la chapelle du château de Vallauris en 1959. Le choix par Picasso
de la chapelle pour l'édification de son temple de la Paix s'inscrit
dans un mouvement de redécouverte de l'art sacré, qui connaît
un indéniable engouement dans les années 50: Matisse achève
la décoration de la chapelle du Rosaire à Vence, Chagall-
ainsi que Bonnard, Léger, Germaine Richier...- participe à
la décoration de l'église du Plateau d'Assy, Notre Dame
de Toute Grâce, et commence à travailler à son monumental
Message Biblique, qu'il destine d'abord à une autre chapelle
vençoise avant d'en faire don à l'Etat. Pablo Picasso, conscient
du profond symbolisme du lieu et séduit par les rigoureuses proportions
de l'austère bâtiment, choisit la chapelle du château
de Vallauris. L'édifice ancien contribue à donner à
La guerre et la Paix, avec ses évidentes références
à l'art antique, voire à l'art rupestre, un ancrage sacré
et universel. " Il ne fait pas très clair dans cette chapelle,
déclare l'artiste à Claude Roy, et je voudrais qu'on ne
l'éclaire pas, que les visiteurs aient des bougies à la
main, qu'ils se promènent le long des murs comme dans des grottes
préhistoriques, découvrant les figures, que la lumière
bouge sur ce que j'ai peint, une petite lumière de chandelle"
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| Entrée de la chapelle |
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Luc Thévenon, conservateur du musée
Masséna à Nice présente l'édifice qui abrite
aujourd'hui La Guerre et la Paix de Picasso. Aldebert évêque d'Antibes et co-seigneur de ce lieu avec
son frère aîné Guillaume Ganceran, cède son
fief de Vallauris au monastère de Lérins par acte en date
du 9 décembre 1038. Ce domaine s'accrut des possessions cédées
en 1046 par Pierre Signier et son fils Guillaume au moment de leur prise
d'habit à Lérins. Les donations sont d'abord contestées
par les ayants-droit d'Aldebert, notamment par Foulques de Grasse qui
les occupe à tel point que le pape Honorius II doit le menacer
d'excommunication en 1124 pour obtenir une rétrocession en 1131.
Les comtes de Provence confirment les droits de l'abbaye de Lérins
plusieurs fois au XIIème siècle. En 1227, le père
abbé avait autorisé Dame Aiceline à fonder une petite
communauté de femmes en utilisant certains bâtiments dont
la localisation reste très controversée. Au cours du XIIème
siècle, l'abbaye fait construire un castel et sa chapelle pour
la résidence du prieur, seigneur délégué du
fief, aidé au moins de deux moines, imposés par les statuts
de 1353. Si la chapelle a été conservée, le château
actuel est une reconstruction de 1568 dont l'escalier Renaissance est
classé. La chapelle est un édifice à nef unique, ses élévations
lui confèrent une monumentalité inhabituelle. Deux travées
couvertes d'une voûte en berceau brisé s'articulent à
une abside en cul-de-four par un large arc brisé. Les murs présentent
un moyen appareil à la stéréométrie soignée
mais avec des traces visibles de mortier. A l'extérieur cet appareil
comporte des éléments de nature géologique variée:
moellons gris, roses, ocres qui donnent beaucoup de charme à l'édifice.
Un simple bandeau de section carrée court à la limite murs-voûte
sans retour sur des pilastres. Les baies, deux opposées par travées,
sont soit encadrées de claveaux très ajustés (au
sud), soit surmontées d'un linteau monolithe échancré
en arc d'une technique beaucoup plus fruste. L'abside très haute
présente un grand appareil plus régulier à la stéréotomie
parfaite. En grande partie visible de l'intérieur du château
(salle basse en sous-sol et premier étage avec fenêtre axiale)
elle est confortée par une haute plinthe reposant sur un lit de
blocs grossiers. Aucune date ne précise la consécration de la chapelle,
cet édifice construit après le milieu du XIIème siècle
remanié ou restauré début XIIème siècle,
date à laquelle on rattache la belle abside et les baies sud. Le
portail sud, avec ses quatre consoles soignées mais purement géométriques,
devrait être attribué à cette restauration. Cette église Sainte-Anne de Vallauris s'insère dans un
important ensemble de constructions en Provence orientale. Elle est très
proche de Sainte Anne du Suquet et de la salle capitulaire de Saint Honorat
qui sont deux autres constructions lériniennes. Plus largement
il faut la situer dans un ample mouvement de rénovation, dernier
élan de l'art roman dans cette région, dont témoignent
avec des décalages d'une ou deux décennies antérieures
ou postérieures l'église de Saint-Cézaire et dans
l'environnement montagnard celles de Girs, Gréolières-Hautes,
ou Cousergoules notamment. |